Servette FC - Neuchâtel Xamax FCS, c'est le lundi 4 décembre à 20h. Retour sur quatre rencontres historiques entre ces deux clubs mythiques.


A travers les affrontements entre Genevois et Neuchâtelois, c’est tout un pan de l’histoire du football suisse qui peut être lu. A l’occasion du choc du lundi 4 décembre prochain, servettefc.ch vous propose de revenir sur quatre rencontres entre ces deux clubs qui symbolisent le développement du football dans nos contrées, avec le concours de Grégory Quin, historien du sport et maître d’enseignement et de recherche à l’Université de Lausanne.  

Episode 2 sur 4 : 1979, le feu d'artifice

Le Servette FC qui sort d’une saison historique, s’apprête à rencontrer Xamax dans cette deuxième journée de la saison 1979/80. Les sept années qui séparent cette rencontre de la première entre les deux clubs aux Charmilles (lire le premier épisode de notre saga) ont vu beaucoup de chamboulement dans le football suisse. Le football européen bascule dans l’ère du sport-spectacle et notre pays n’échappe pas à la règle. Les publicités fleurissent sur les maillots des clubs helvétiques et il n’est désormais pas rare de voir des matches se dérouler en soirée, en « prime-time ». Les maillots servettiens "HCC" sont les derniers à être vierges d’annonces publicitaires avant l’apparition d’Ebel sur les chandails grenat dès la saison suivante.

Malgré l’immense saison, ponctuée de quatre titres, fait inédit dans l’histoire du football suisse, le public ne suit pas à Genève. Pour ce premier match à domicile post-quadruplé, les Charmilles ne sont garnies que de 4800 spectateurs qui viennent applaudir les Barberis Schnyder Andrey et consorts. Le Servette FC n’est pas le seul à « subir » la désaffection du public en Ligue Nationale A. Lors de cette deuxième ronde de championnat, ils ne sont que 3'000 à Tourbillon pour assister à la victoire de Sion face à GC, 2'000 au Cornaredo pour Lugano-YB, 2'500 à la Charrière pour La Chaux-de-Fonds–Bâle et 5'500 au Letzigrund pour la victoire du FCZ face à Lausanne.

Un désamour du public suisse pour son championnat qui peut s’expliquer de plusieurs manières pour Grégory Quin : « Le début des années 1980 marque le développement du tourisme en Europe de l’Ouest. Les matches disputés au mois d’août souffrent des vacances scolaires et d’autres formes de pratique culturelles. De plus, l’arrivée au fur et à mesure d’investisseurs privés implique une logique de rentabilité. Il en résulte une augmentation significative des places entre le milieu des années 1970 et le milieu des années 1980. Avec le choc pétrolier, le coût de la vie se renchérit. Tous ces faits historiques peuvent être des explications au manque d’intérêt du public suisse pour son championnat. Au niveau sportif, le niveau du championnat n’est pas celui qu’il atteindra au milieu des années 1980 et une certaine lassitude peut également être ressentie vis-à-vis des résultats de l’équipe nationale qui sont décevants depuis plusieurs années. La Nati ne s’est en effet plus qualifiée pour une grande compétition depuis le mondial anglais de 1966. »

Les absents ont toujours tort comme le veut l’adage. Ce 18 août 1979, les Servettiens font un véritable festival devant un public clairsemé. Une semaine après avoir pris facilement la mesure de faibles Chaux-de-Fonniers (5-0), les Grenat étrillent Neuchâtel Xamax 6-0 aux Charmilles. A la mi-temps, le score est déjà de 5-0 en faveur des Genevois sur des réussites d’Andrey, Hamberg, Cucinotta et un doublé de Barberis. Hamberg corse un peu plus l’addition en fin de partie et donne au score des allures de correction. Deux matches, deux victoires et un goal average de 11-0, le Servette FC est ultra-favori pour se succéder à lui-même et la presse, dithyrambique, se demande même si « le champion en titre ne pratique pas un sport différent des autres » (Le Matin, 19.08.1979).


L'Express du 19 août 1979

Malheureusement, quatre défaites dans le Tour Final du championnat auront raison des velléités de second titre national de rang pour les Grenat. C’est la fin d’un cycle pour le Servette FC. A la fin de la saison, le président Cohannier laisse filer Barberis à Monaco, Andrey à Grenoble et Hamberg à l’Ajax. Karl Engel et Serge Trinchero filent eux à… Xamax !  

Servette FC – Neuchâtel Xamax 6-0 (5-0)

Le 18 août 1979

Les Charmilles, 4800 spectateurs

Buts: 8e Andrey 1-0, 16e Hamberg 2-0, 21e Barberis 3-0, 42e Cucinotta 4-0, 44e Barberis 5-0, 70e Hamberg 6-0

Servette FC: Engel; Guyot; Valentini, Trinchero, Bizzini; Barberis (60e Coutaz), Schnyder, Andrey; Cucinotta, Hamberg (82e Matthez), Sarrasin. Entraîneur: Paszmandy

Neuchâtel Xamax: Stemmer; Mundwiler; Kuffer, Osterwalder, Bianchi; Gross, Guillou, Favre; Duvillard, Saunier (67e Luthy), Fleury. Entraîneur: Vogel.

 

Episode 1/4: 1974, le premier Servette-Xamax aux Charmilles