Lors de chaque rencontre à domicile, une grande interview d'un joueur est publiée dans le programme de match. Nous vous le faisons découvrir ensuite sur notre site internet. Aujourd'hui, Kastriot Imeri.


Où nous as-tu donné rendez-vous, Kastriot ?
Nous sommes dans l’école de mon enfance à Meyrin, l’école Bellavista. De la 1re à la 6e primaire, j’ai passé ma scolarité ici.

Tu es né à Genève ?
Oui je suis né dans cette ville. Mes parents ont émigré à Genève dans les années 1990 en provenance du Kosovo. Ils sont partis juste avant que la guerre n’éclate.

Tu as de la famille au Kosovo ?
Oui tout à fait. J’essaie d’y aller le plus régulièrement possible, mais avec le football, j’ai de moins en moins le temps de m’y rendre. Cela va faire trois ans que je n’ai pas pu y rester plus d’une semaine. La dernière fois, c’était pour le mariage de ma soeur, mais nous ne sommes malheureusement restés sur place qu’un jour.

A la maison vous parlez français ou kosovar ?
On mélange un peu de tout. Avec mon petit frère, on essaie de lui parler le plus possible en kosovar. On veut que ça soit ancré car on sait qu’avec l’école, le français c’est plus facile pour lui. Avec mes parents, on parle un peu toutes les langues : français, albanais et kosovar.

Vous êtes combien dans la famille ?
Nous sommes trois enfants. J’ai une grande soeur de 23 ans qui est donc mariée et qui n’habite plus à la maison, et un petit frère de 8 ans qui vit avec mes parents et moi-même ici à Meyrin.

Meyrin, ça représente quoi pour toi ?
Toute mon enfance. C’est ici que j’ai touché mes premiers ballons et c’est dans cette école que j’ai appris à jouer au foot. C’est à Meyrin que j’ai passé le plus de temps dans ma vie. En hiver, on jouait sous le préau, on faisait des entraînements avec les plus grands. J’ai commencé à jouer au FC Meyrin à l’âge de 5 ans, j’y suis resté jusqu’à 14 ans.

C’était comment le football à Meyrin ?
De très belles années. Je commençais chaque saison avec les 2000 avant d’être régulièrement surclassé avec les 1999.

Tu arrives donc au Servette FC à 14 ans.
Oui, je suis arrivé en M14 au Servette FC avec Eric Sévérac comme entraîneur. J’ai ensuite eu Anthony Braizat pendant deux ans puis Matteo Vanetta en M18. Avec les pros, Meho Kodro, Bojan Dimic puis Alain Geiger.

Que t’ont apporté tes coachs à l’Académie du SFC ?
Ces trois entraîneurs m’ont fait progresser au niveau technique ainsi que sur mon agressivité et dans l’engagement. Anthony Braizat était plus dans l’affectif et dans l’humain, il m’a toujours encouragé et soutenu. Matteo Vanetta, c’est un autre style, plus tactique. Mais la tactique, c’est essentiel quand on arrive en première équipe.

En M18, avec Matteo Vanetta, vous jouiez dans un 3-5-2, c’est cela ?
Oui, mais également en 4-3-3. On était capable de varier et perfectionnait ces différents systèmes pendant nos séances d’entraînement.

Tu jouais à quel poste en M16 et M18 ?
Je bougeais tout le temps (rires). Le plus souvent dans l’axe quand-même. Si on avait des soucis sur le côté, je pouvais dépanner, que ce soit au poste de latéral ou d’ailier. C’est en M14 avec Sévérac que je jouais le plus souvent au poste de latéral. Je suis monté d’un cran en cours de saison cette année-là. A Meyrin, il m’arrivait de jouer carrément en pointe.

Mais quel est ton poste préféré ?
Dans l’axe, dans le coeur du jeu, j’adore toucher un maximum de ballons. Maintenant, je suis polyvalent et je peux jouer un peu partout.

Ça ne te gêne pas cette polyvalence ? Les coachs savent où te placer sur un terrain ?
Ce n’est pas quelque chose qui me gêne. Je dirais même que c’est un avantage que je possède vis-à-vis d’autres joueurs. En sélection nationale, on m’a déjà demandé où je préfèrais jouer ! Yves Débonnaire me voyait par exemple jouer en ailier alors que cette année avec Heinz Moser, je joue au milieu.

On t’a vu marquer ce but contre la Biélorussie en M19 avec le numéro 10 et le brassard de capitaine. C’est une fierté ?
C’est une belle sensation on va dire. J’ai marqué un but avec le SFC l’année passée contre Aarau, c’était aussi… Woah ! Un premier but en professionnel, c’est quelque chose d’énorme. Marquer en sélection c’est plaisant aussi, mais c’est différent.

Avec les pros, tu as eu trois coachs différents : Kodro, Dimic et Geiger. Peux-tu les présenter rapidement ?
Kodro, c’était très poussé au niveau tactique. Bojan Dimic, qui lui a succédé, a un peu suivi ce chemin car il n’allait pas tout révolutionner en trois mois. Geiger, il est plus complet, on est à la fois fort défensivement et offensivement. Sa grande expérience fait également du bien à l’équipe. Ce sont des entraîneurs qui ont eu une grande carrière.

Tu as entendu parler de Kodro et/ou Geiger lorsqu’ils étaient joueurs ?
Oui, on m’en a parlé. Je dois dire que j’ai regardé beaucoup de vidéos de Kodro lorsqu’il était joueur.

Certains joueurs quittent le SFC relativement tôt. Pourquoi as-tu fait le choix de t’engager sur le long terme ?
Mon objectif, comme tout joueur, c’est de jouer au plus haut niveau possible. Moi, je préfère opérer étape par étape. Je ne voulais pas me griller en partant trop tôt. De plus, ce club m’a transmis de grandes valeurs et j’ai préféré signer un contrat pro avec le Servette FC. Ma famille est ici, mes amis aussi, je suis bien entouré.

Tes parents t’ont conseillé au moment de t’engager ?
Oui tout à fait. Mes parents sont derrière moi depuis que je suis tout petit et c’est une grande fierté. J’ai beaucoup parlé avec eux, on a beaucoup échangé et on a pris le temps pour opérer le meilleur choix possible. Ce choix, je ne le regrette pas car j’accumule du temps de jeu et de l’expérience avec les professionnels. Le Servette me permet de faire mes preuves.

Qu’est-ce qui change dans l’équipe de cette saison par rapport à celle de la saison passée ?
Au niveau de la qualité individuelle des joueurs, je ne crois pas que l’on ait beaucoup changé. Pour monter en Super League, il faut une équipe unie. Cette année, on parle tous la même langue à part Micha et Schalk mais ils s’adaptent super vite. Il y a beaucoup d’envie dans notre équipe et on ne baisse jamais les bras, que l’on gagne ou qu’on perde.

Qui sont tes meilleurs amis dans l’équipe ?
Boris Cespedes, Alexis Antunes et Robin Busset, les plus jeunes quoi ! Cela dit, je m’entends bien également avec les plus anciens. Quelqu’un comme Follonier est également proche de moi. Il a un petit côté albanais qui nous rapproche.

Si tu devais faire un autre sport ce serait quoi ?
Basket ou tennis. Je dois dire que je réponds un peu par défaut car il n’y a que le football qui compte à mes yeux.

Si tu devais être un autre sportif ?
Federer. Il a la classe et être à ce niveau-là de la compétition à son âge, c’est impressionnant.

Tu lis un peu ou pas trop ?
Je lis un peu la biographie de Zlatan ces temps, mais je ne suis pas un grand lecteur. Je suis plutôt Netflix (rires).

Si tu ne t’étais pas lancé dans le football, qu’aurais-tu fait ?
Le football, je ne pense qu’à cela depuis mon plus jeune âge. A l’école, les enseignants me disaient que je devais avoir un plan B. Je leur disais que je n’avais qu’un plan A, le foot.

Dans un match de « five », tu prends qui dans ton équipe ?
J’ai vu que tous mes coéquipiers ont pris des joueurs célèbres. Moi, je ne prends rien de tout ça, je joue avec des potes. Avec eux et les gars de mon quartier, on bat sans soucis l’équipe de Ronaldinho. Donc, Jon Demi qui a joué un moment à Servette en juniors avec moi et qui joue maintenant avec la deuxième équipe de Meyrin. Thiago Alves, j’ai également joué avec lui. Avec ces deux et moi-même, on a une bonne assise défensive. Devant, je mets Robin Busset et Alexis Antunes. Une belle équipe de jeunes !

Qui sera en couverture du prochain programme de match en 2019 ?
Yoan Severin.

Quelle question doit-on lui poser de ta part ?
Pourquoi est-il si timide alors que cela fait bientôt une demi-saison qu’il est là ?

Question de Boris Cespedes : est-ce que tu aimes ton surnom de bulldog ?
On me l’a imposé donc je n’ai pas le choix (rires). Non, ça ne me dérange pas, c’est dû à mes jambes je crois !