Lors de chaque rencontre à domicile, une grande interview d'un joueur est publiée dans le programme de match. Nous vous le faisons découvrir ensuite sur notre site internet. Aujourd'hui, Jeremy Frick.


Qui es-tu Jeremy Frick ? D’où viens-tu ?

Je suis un Genevois de 25 ans et je suis gardien de but au Servette FC. Je suis de Bellevue mais j’habite actuellement à Genthod. Je suis un gars de la rive droite, quoi ! Je suis arrivé au Servette à 14 ans en provenance de Collex-Bossy. J’ai poursuivi ma carrière à l’Olympique Lyonnais avant de revenir au Servette, en prêt, puis d’être vendu au FC Bienne avant de repartir au Servette en 2016 (rires).

Tu possèdes des liens forts avec Bellevue et Genthod pour y vivre encore actuellement ?
Oui tout à fait. J’ai toujours habité là-bas, c’est un lieu que j’affectionne beaucoup. J’adore passer des moments au bord du lac quand il fait chaud, et tous mes amis viennent de cet endroit. Tout le monde se connaît car ce n’est pas un très grand village, il y fait vraiment bon vivre.

Tu es Genevois à 100% ou tu as d’autres origines ?
Non, ma mère est de Zermatt donc je suis aussi Haut-Valaisan. C’est un lieu apaisant où habitent encore mes grands-parents comme toute la famille du côté de ma mère. J’essaie de les voir le plus souvent possible. Cependant, ma mère habite à Genève depuis en tout cas 30 ans. 

Mais tu revendiques ces origines genevoises ? A quel point est-ce important pour toi ?
Je me sens profondément Genevois. Lorsque j’étais à l’OL, mes amis lyonnais disaient toujours que je leur vendais Genève comme si c’était Miami ! Je suis fier d’être Genevois, c’est une des plus belles villes de Suisse et je la défends corps et âme.

Tu nous as dit que tu es arrivé à 14 ans au SFC. Comment cela s’est fait ?
C’est Christian Lanza qui m’a repéré quand j’étais en sélection genevoise. Au début, je m’entraînais une fois par semaine avec Servette et j’étais le reste de la semaine avec Collex-Bossy. Je suis ensuite arrivé à 100% au club.

Que représente ce club pour toi ?
Au départ, c’est le club dont on allait voir les matches avec mon père. Par contre, j’avais le droit d’aller aux Charmilles seulement si j’avais des bonnes notes. Le Servette FC, c’est le club qui m’a donné envie de devenir professionnel. Les Grenat m’ont beaucoup apporté et m’apportent énormément de choses actuellement. Je souhaite encore vivre de belles aventures avec ce club dans le futur. Le SFC, c’est l’emblème de Genève et j’espère qu’on pourra le ramener au plus haut niveau le plus vite possible.

Quel regard tu poses sur ton passage à l’OL ?
Avec le recul, ce passage à Lyon s’est très bien passé. J’ai très vite intégré le groupe professionnel et j’ai fait pas mal de bancs en Europa League et en Ligue 1. Je suis parti quand j’ai senti que mon avenir était bouché par un autre jeune gardien, Anthony Lopes. J’ai eu du flair car il était numéro un quand j’ai quitté l’OL et il l’est encore aujourd’hui ! J’ai eu une discussion avec Joël Bats, l’entraîneur des gardiens lyonnais, et j’ai été clair avec lui : si je partais en prêt de l’OL, je ne voulais pas y revenir. Bats m’a aidé ensuite à partir sans trop de complications à Bienne.

Comment as-tu senti que tu n’aurais jamais réellement ta chance à Lyon ?
J’avais discuté avec Remi Garde qui voulait faire de moi son numéro 2. Il est parti, et c’est à ce moment-là que j’ai décidé que je ne voulais pas rester là-bas. J’avais commencé très jeune avec la CFA et cela faisait donc déjà trois saisons que je jouais avec la réserve. Du coup, je n’avais plus rien à retirer en restant là-bas.

Comment s’est passé ton retour au Servette FC lors de la saison 2014-2015 ?
Le SFC a commencé à me contacter un peu avant Noël. Si mes souvenirs sont bons, Roland Müller avait écopé d’une lourde suspension et ils avaient besoin d’un remplaçant. Je devais jouer ces quelques matches où Müller était suspendu. Cela s’est bien passé pour moi car je suis ensuite resté dans les cages ! J’avais poussé pour venir et côté Servette c’est surtout Dani Blanco et Pascal Zuberbühler qui ont fait le forcing pour que je vienne.

Tu sens qu’il se passe quelque chose de différent cette année ?
Il y a toujours eu une bonne atmosphère au club. Quand j’étais prêté en 2014-2015, il y avait vraiment une super ambiance et on avait fait une belle saison au point de vue sportif. J’ai l’impression, et je l’ai dit à l’équipe, qu’on est en train de recréer le même esprit de groupe. Cette année, je sens une grande unité dans l’équipe, j’espère que ça va continuer.

On parle de bonne ambiance, tu y contribues pas mal, non ?
Chacun amène sa pierre à l’édifice…

Et toi c’est quoi ton apport ?
J’aime bien faire le con dans le vestiaire. Je prends peut-être beaucoup de place mais j’essaie d’être au plus proche de tout le monde et que tous les joueurs se sentent concernés par l’équipe. Je suis présent pour les moins expérimentés car, même si je suis encore assez jeune, je fais partie des anciens de l’équipe. C’est important que chacun soit détendu et que les personnes se sentent bien dans le club.

Sans transition, tu écoutes quoi comme style de musique ?
De tout. J’ai une préférence pour le rock et la country, je suis un gars de la campagne !

Ton film préféré ?
J’en ai deux. Premièrement, Crazy Stupid Love et A Star Is born, que je viens de voir. 

Ta plus grande fierté dans la vie ?
Ma fidélité en amitié.

Ta plus grande déception ?
De ne pas avoir réussi à Lyon comme je le pensais.

Si tu devais pratiquer un autre sport collectif ?
Collectif forcément ? En tant que gardien, j’aime bien aussi les sports individuels comme le golf ou le tennis.

Si tu devais jouer dans une équipe célèbre d’un autre sport collectif ?
Je ne regarde pas trop les autres sports. Mais je dirais les Chicago Bulls, j’ai été marqué par Michael Jordan.

Un autre sportif ?
Roger Federer bien sûr !

Qui sera en couverture du prochain programme de match ?
Un joueur forcément ? Car j’aurais bien mis un membre du staff, Fred Dubrana (responsable de la réathlétisation) qui réalise un travail impressionnant avec les blessés et qui n’est pas assez mis en lumière à mon goût.

Oui un joueur…
Wüthrich ? Non, c’est nul si c’est moi qui le dis car je passe ma vie avec lui (rires). Je vais choisir Boris Cespedes.

Et que doit-on lui poser comme question ?
Qu’est-ce que ça lui fait de prendre des raclées au pingpong ?

Enfin, on finit avec la question que Timothé Cognat t’a posée. D’où te vient ce style « Superman » dans tes sorties aériennes ?
C’est ma manière de boxer le ballon… Je ne sais pas trop quoi répondre à ça. D’ailleurs, je l’ai giflé quand j’ai vu qu’il m’avait posé cette question (rires).