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Après quatre tours de coupe et 13 journées de LNA sur 28, l'heure est venue de faire le point avec Eric Sévérac. Malgré la satisfaction liée à la place de leader, l'entraîneur est exigeant en vue du deuxième tour.


On imagine que vous auriez signé pendant l'été pour un tel résultat intermédiaire ?

Oui. On espérait être sur le podium, donc parmi les trois premiers. Être premier, c'est mieux que prévu, mais ce n'est qu'à mi-chemin. On va maintenant travailler dur pour espérer rester en tête jusqu'en mai.

Est-ce qu'on peut considérer la défaite initiale à YB (0-1) comme le dernier apprentissage de la préparation estivale ?

C'était un moment très important dans la saison qui a montré que ce n'est pas parce qu'on alignait des noms - et, ce jour-là, toutes les recrues et les meilleures joueuses étaient dans les 18 convoquées - qu'on faisait une bonne équipe. On avait travaillé là-dessus, et ce match perdu a fait encore plus écho à ce qui s'était dit et, dans les semaines qui ont suivi, on s'est remis au travail, pas pour être bonnes individuellement, mais pour être bonnes collectivement. On a des joueuses intelligentes, qu'on a choisies par rapport à ce genre de qualités, qui privilégient le résultat collectif à leur performance individuelle.

Donc les joueuses qui font le mieux jouer l'équipe ne sont donc pas forcément les plus talentueuses ?

Les joueuses de qualité qu'on a ne feront jamais la différence individuellement. On fera la différence en équipe, et c'est encore ce qu'on a vu à Bâle samedi passé. C'est un collectif qui gagne, pas des individus. Les individus peuvent parfois nous faire gagner un match, mais on a besoin du collectif pour gagner le championnat. Et ce collectif, il se met gentiment en place, on est encore loin de la perfection, et c’est ça qui est bien, c’est qu’aujourd’hui, malgré le fait d’être premières, on a encore une belle marge de progression, et les filles en sont toutes conscientes.

La marge de progression se situe avant tout dans la manière, ou vous pensez qu’il est possible de faire mieux en terme de résultat ?

Les automatismes, les réflexes, la manière de switcher d’un système à l’autre, de bien connaître les qualités et les défauts de chacune, ça c’est ce qui va arriver progressivement. Au départ, on sait que Maeva [Sarrasin] va vite, on sait que Valérie [Gillioz] au milieu est costaude dans les duels, ça c’est bien de le savoir mais, derrière, comment on fait pour s’appuyer sur ces qualités-là ? C’est comment les filles se connaissent et apprennent à valoriser les qualités des autres, et les défauts aussi. Ce premier match à YB était bien dans ce sens-là parce qu’on s’est aperçus que si on ne jouait pas en privilégiant les qualités de tout le monde, on était embêtées.

On disait avant le premier tour que Servette serait attendu au pied levé par ses adversaires, ç’a été le cas. Est-ce que ça sera encore plus marqué en deuxième moitié de championnat ?

Ça sera pire. Il y aura sept équipes qui vont jouer deux fois à fond contre nous alors que, peut-être, Zürich aura moins cette pression-là, donc ça veut dire qu’on devra être encore plus performantes. On ne pourra pas avoir de creux. Et il ne faut surtout pas qu’on attende des autres équipes qu’elles fassent des résultats contre Zürich. On a tout en main, tant mieux, et on devra faire 15 matchs parfaits.

Servette a de loin la meilleure défense du championnat mais n’est « que » troisième meilleure attaque ex-æquo. Est-ce que ce point est un sujet d’inquiétude ou est-ce anodin ?

La grosse satisfaction c’est, en jouant à trois derrière, de n’avoir encaissé qu’11 buts en 17 matchs, si on rajoute la coupe. La troisième meilleure attaque, c’est subjectif, étant donné que Lugano a pris des valises et que, si on enlève ces résultats de Lugano, on est probablement premières, ou en tout cas dans le lot de tête avec 2 ou 3 buts d’écart. Aucune inquiétude à ce niveau-là.

Quel regard portez-vous sur les joueuses arrivées cet été ?

Le fait qu’on ait été chercher des filles qui avaient un intérêt commun, une connaissance commune, ou qui avaient déjà joué dans la région, et en plus les résultats font que tout se passe très bien. Tout ça reste à continuer à travailler pour aller encore plus loin dans l’intégration parfaite de ce qui se fait autour de l’équipe. On avait exprès choisi pour ça. L’année passée, on avait fait venir deux Colombiennes qui, au-delà des qualités individuelles, pouvaient déséquilibrer un groupe avec une mentalité et des attentes différentes, alors que là, avec des joueuses de proximité, on savait où on allait.

Quelle est pour vous la meilleure mi-temps disputée par les Servettiennes depuis le début de la saison ?

La première mi-temps de Zürich à domicile [3-2] est excellente. Et la deuxième mi-temps de Lucerne à l’extérieur [victoire 2-4 après avoir été menées deux fois] aussi. Pour moi, c’est l’heure de jeu du premier match contre Zürich qui a montré qu’on était capables de faire du jeu et de marquer des buts, alors que le match à Zürich [victoire 1-5] a montré qu’on pouvait jouer différemment tout en étant très très performantes. Le premier a montré qu’on était capables de jouer au foot, le deuxième qu’on avait du caractère.

Quel est votre but préféré marqué par les Servettiennes cette saison ?

Celui de Bâle, le troisième. Là, il y avait automatismes, qualités, patience, tout ce qu’on demande. Il y a 5 joueuses qui touchent le ballon, mais il y en a 8 qui sont concernées. 8 sur 11, c’est juste top.

Est-ce qu’il y a un autre moment qui vous a marqué, qui a marqué le groupe ?

Le moment fondateur du groupe, pour moi, ça a été le match à Lucerne, parce qu’on est menées à la mi-temps. On joue bien, mais on est menées, et on a une réaction qui est fondatrice. Sans s’énerver, on a montré qu’on avait les qualités pour passer l’épaule. Celui-là, c’est un des matchs références par rapport à ça.

Dans les grandes lignes, sur quoi sera axée la reprise qui débutera ce lundi ?

Sur la remise en marche du groupe physiquement, avec un gros travail sur les automatismes et la capacité à envisager 17 matchs de coupe. Chaque match, on aura des équipes qui voudront nous poser des problèmes et nous grappiller des points, donc il faudra être prêtes chaque match à être fortes pour marquer et garder un score.