Servette FC - Neuchâtel Xamax FCS, c'est le lundi 4 décembre à 20h. Retour sur quatre rencontres historiques entre ces deux clubs mythiques.


A travers les affrontements entre Genevois et Neuchâtelois, c’est tout un pan de l’histoire du football suisse qui peut être lu. A l’occasion du choc du lundi 4 décembre prochain, servettefc.ch vous propose de revenir sur quatre rencontres entre ces deux clubs qui symbolisent le développement du football dans nos contrées, avec le concours de Grégory Quin, historien du sport et maître d’enseignement et de recherche à l’Université de Lausanne.  

Episode 3 sur 4 : 1988, L'âge d'or

Ce match du 23 mars 1988 entre Genevois et Neuchâtelois est le symbole d’une époque, celle de l’âge d’or du football suisse. Sur la pelouse des Charmilles, les spectateurs genevois assistent à un véritable défilé de stars. Avec Eriksen, 27 buts la saison précédente en championnat et international danois, et Rummenige, double ballon d’or et buteur en finale de coupe du monde une année et demi auparavant, le Servette FC a une force de frappe offensive inédite qu’il ne retrouvera certainement jamais dans son histoire. Xamax n’est pas en reste avec la présence dans son effectif d’un certain Ueli Stielike dont le palmarès n’a que peu d’égal dans la LNA de l’époque : vainqueur de l’EURO en 1980, finaliste de la Coupe du Monde 1986, triple champion d’Espagne et d’Allemagne et double vainqueur de la Coupe de l’UEFA.


Un double ballon d'or sous le maillot grenat, c'était il y a 30 ans...

Outre les joueurs cités au-dessus, notons également la présence dans notre championnat de Marco Tardelli à Saint-Gall et de Giancarlo Antognoni au Lausanne-Sports, deux champions du monde avec la Squadra Azzura en 1982. Comment le championnat de Suisse a-t-il pu attirer autant de stars à cette époque ? Pour Grégory Quin : « Le différentiel entre championnats suisses et européens est moindre à cette époque. La Suisse peut concurrencer les championnats majeurs notamment sur la qualité de vie et sur les salaires proposés. Des années 1985 jusqu’à l’arrêt Bosman, il y a moins de différences entre la LNA et les championnats européens. A l’inverse de ce que l’on vit actuellement, il n’y a pas de très très grosses équipes en Europe, le niveau est moins tranché que maintenant. En Espagne ou en Italie, plusieurs équipes peuvent prétendre au titre chaque année. La concentration économique est plus dispersée qu’actuellement où deux ou trois clubs cannibalisent les recettes dans chaque grand championnat. Les droits TV ne sont pas encore exorbitants. Economiquement, le « gap » entre les clubs suisses et étrangers est moindre et il existe la possibilité pour plusieurs clubs suisses de faire des parcours en Coupe d’Europe.»


Le programme de match du 23 mars 1988

Cette arrivée massive de grands joueurs provoque une forte augmentation des affluences en LNA. Ils sont 8'000 aux Charmilles pour l’affrontement entre le Servette de Rummenigge, Favre et Eriksen et le Xamax de Stielike et Hermann alors qu’ils étaient deux fois moins neuf ans auparavant pour la même rencontre (lire le deuxième épisode de notre saga). Rummenige fait parler toute sa classe lors de cette rencontre en délivrant deux assists pour Bamert et en se chargeant lui-même du 3-1. Il s’agit de l’un des meilleurs matches de la saison des Grenat qui impressionnent le public et mettent le champion en titre dans ses petits souliers. Mais les coéquipiers de Lucien Favre s’écroulent en fin de match et doivent concéder le point du match nul qui ne fait pas leurs affaires dans leur course au titre.


Le Matin du 24 mars 1988

Les Xamaxiens, en tête du Tour Final avant cette rencontre, gardent leur avance qu’ils ne lâcheront jamais. Les hommes du président Facchinetti remportent leur deuxième titre consécutif, les seuls et uniques de l’histoire du club.

Servette FC - Neuchâtel Xamax 3-3 (1-1)

Le 23 mars 1988

Les Charmilles, 8'000 spectateurs

Buts : 16e Lüthi 0-1, 27e Bamert 1-1, 55e Bamert 2-1, 61e Rummennige 3-1, 69e Sutter 3-2, 76e Chassot 3-3

Servette FC: Marguerat ; Decastel ; Hasler, Cacciapaglia, Schällibaum ; Kok (82e Egli), Besnard, Favre, Bamert; Eriksen, Rummenigge. Entraîneur: Donzé

Neuchâtel Xamax: Corminboeuf ; Geiger ; Kaltaveridis, Fasel, Perret ; Stielike (49e Chassot), Hermann (85e Thévenaz), Lei-Ravello ; B. Sutter, Lüthi, Nielsen. Entraîneur: Gress 

Episode 1: 1974, le premier Servette-Xamax aux Charmilles
Episode 2: 1979, le feu d'artifice